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Nous seniors

 L’avenir des vieux, c’est leur passé » dit Jean-Marie Périer, photographe des idoles des années 60, qui ajoute « Je le sais, j’en suis un. » Et quand on s’intéresse à eux, «les vieux» ou «les seniors», c’est le plus souvent pour leur faire ouvrir la boîte à souvenirs. Les faire parler du temps qui était forcément « bon » parce qu’ils étaient plus jeunes, qu’ils avaient une place dans la société. Même si c’était « en bas  ». C’est confortable pour nourrir une conversation, puisque même les personnes atteintes d’Alzheimer ont des souvenirs du passé lointain. Et cela évite de parler de l’avenir, parce que la fin fait peur – plus aux autres qu’aux « vieux » eux-mêmes. L’avenir est un tabou. 

Le présent, lui, n’existe que dans la conversation intime. Pourtant, comme tout un chacun, les « vieux » vivent un présent. Qui ne se résume pas à une mobilité réduite, des douleurs, des soins et des médicaments, à la solitude. Même pour les femmes et les hommes qui ont dû – et parfois choisi de – quitter leur maison ou leur appartement pour devenir des « résidents » d’une maison de retraite ou d’un Ehpad. Ces établissements devant lesquels les autres tranches d’âge passent tous les jours pour aller au travail, faire les courses ou faire du sport. Indifférents à la plaque posée à côté de la porte d’entrée : « Résidence … ». Ignorant que chaque habitant du lieu est une personne et qu’elle a une vie. Singulière par sa façon de vivre le présent, par ce qu’elle fait de ses journées, par les personnes avec lesquelles elle a des liens, par les rencontres qu’elle fait. Qui sont parfois des histoires d’amour.

À l’origine de ce projet, il y a notre volonté de donner à voir ce présent à ceux qui en vivent un différent. D’autres projets que nous avions conduits nous avaient convaincus que toute personne, même dans un état de santé très dégradé - sur le plan physique et ou mental - peut dire sa vie de résident.e et donner à voir son aire de vie. Nous avons donc choisi qu’ils.elles soient acteurs et non sujets du projet. Et de nous placer en position d’aidants. 

En avril 2026, les intervenants de Regarde ! et de La Parole du Corps ont rencontré les résident.e.s des deux résidences autonomie municipales et des deux ehpad de Massy pour leur proposer de photographier leur quotidien et leur environnement pour les montrer aux autres, les massicoises et les massicois de tous âges et de toutes conditions. 

Et d’accompagner leurs photos des mots de leur choix. 

30 personnes ont accepté d’être de la partie. 1 seule s’est retirée du projet à son démarrage. 2 sont décédées avant d’avoir vu le résultat final.

L’exposition est le résultat des rencontres avec chacun.e, des rendez-vous pour les accompagner dans des séances de prises de photos, et entretiens pour recueillir leurs paroles. Elle confirme qu’il n’y a ni vie ni personne ordinaire.

Vincent Barraud / Laetitia Bidal / Estelle Mérigot / Dobrivoje Arsenijevic / Jef Noël et Véronique Boyer, porteuse du projet 

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"Parce qu'avant de photographier, on regarde." Un élève de cm2 d'une école de Palaiseau

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